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JOURNÉE MONDIALE DU TOURISME 2021: LE TOURISME POUR UNE CROISSANCE INCLUSIVE.
ENJEUX POUR L'AFRIQUE.
D'entrer de jeu, Il va sans doute d'affirmer que le modèle économique basé sur la croissance économique seule, qu'a adopter de nombreux États, ne permet pas de réduire la pauvreté, d’améliorer l’égalité ou de créer des emplois si elle n’est pas durable et ne profite pas à tous.
Hors un développement ne peut être inclusif que si toutes les catégories de la population – quels que soient leur sexe, leur origine ethnique, leur âge ou leur statut social – contribuent à créer des opportunités, partagent les bénéfices du développement et participent à la prise de décision. Pour que le tourisme soit un vecteur de croissance inclusive, il serait donc indispensable que tous les acteurs et les parties prenantes du tourisme au niveau national et international travaillent ensemble et développent des partenariats créatifs qui contribueront aux objectifs de développement inclusif et durable tant souhaités.
Partenariats entre public et privés
Les partenariats font partie intégrante de la plupart des activités touristiques. Le tourisme implique généralement un large éventail de parties prenantes des secteurs public et privé, de communautés et de divers types d'organisations qui, ensemble, facilitent l'expérience de voyage. En effet, des nations telle que l'Afrique du Sud et de nombreux autres pays d'Afrique en développement reconnaissent l'importance du tourisme en tant que forme de développement économique régional. Dans ces pays là par exemple, les gouvernements central et régional accordent de plus en plus la priorité au tourisme, mettent en place des stratégies, promulguent de nouvelles lois, emploient des conseillers en tourisme au sein des ministères du tourisme nouvellement créés, etc. (OCDE, 2012).
Ceci tient sans doute compte du fait que l'économie du tourisme affecte et est affectée par d'autres domaines économiques plus traditionnels d'un pays tels que l'agriculture, les transports, le développement économique dans sa globalité et la planification régionale. Il est par conséquent important pour ces pays que des liens soient tracés et que les responsabilités soient établies. Cela nécessite une collaboration entre diverses organisations des gouvernements centrals. Une interaction et peut-être des partenariats avec des agences non gouvernementales, y compris le secteur privé, pourraient également s'avérer indispensables.
Les gouvernements et les industries/secteurs du tourisme peuvent travailler ensemble de diverses manières et sur un certain nombre de types d'activités différents au niveau régional par exemple. On pourrait citer l'élaboration de stratégies touristiques ou l'investissement conjoint dans des campagnes de marketing coopératives. Cependant, dans le développement du tourisme, il se trouve que le gouvernement doive au final s'appuyer sur le secteur privé pour fournir des services aux touristes. Ces services sont fournis par un éventail de parties prenantes, notamment des investisseurs, des promoteurs, des entreprises d'hébergement, des attractions, des voyagistes et autres. En outre, il est indispensable que les agences gouvernementales et les offices du tourisme collaborent avec les représentants de la communauté locale. Par conséquent, il est important que les secteurs public et privé coopèrent au développement de nouvelles initiatives touristiques et à la gestion du développement du tourisme.
Comme l'affirme l'Organisation mondial du tourisme des Nation Unis dans son 11e rapport des membres affiliés, il est important de noter que le développement des PPP (partenariats entre public et privé) en tant que forme de gouvernance collaborative reconnaît l'interdépendance des différentes parties dans le développement du tourisme, en particulier dès les premières étapes. Les partenariats peuvent se concentrer sur une tâche particulière et rassembler les organisations possédant les compétences et les connaissances nécessaires à sa réalisation. Dans de nombreuses situations, comme le démontre le rapport, les PPP jouent un rôle essentiel dans le développement du tourisme. Un gouvernement ne peut généralement pas développer le tourisme par lui-même, car il n'exploite pas d'entreprises, tandis que le secteur privé peut avoir besoin d'aide pour la réglementation, l'accès aux ressources et le financement. Cela est souvent vérifié dans des zones régionales en Afrique où le gouvernement peut contrôler les attractions naturelles et la population locale n'a pas de fonds pour le développement ou n'a pas les compétences nécessaires pour développer le tourisme. Une façon de penser un PPP est donc comme un moyen de rassembler toutes les ressources nécessaires.
Exemple: le Botswana où des partenariats stables attirent des financements
Dans ce cas, le gouvernement, les organisations non gouvernementales et la communauté locale ont collaboré pour promouvoir un site du patrimoine mondial en tant qu'attraction touristique et pour développer des moyens de subsistance durables pour la communauté locale. Un partenariat stable et efficace a également attiré des ressources supplémentaires pour le développement de la formation et des infrastructures.
Il s'agit des collines de Tsodilo, situées dans le nord-ouest du Botswana, qui ont été déclarées site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2001. Ces formations rocheuses spectaculaires contiennent des récits archéologiques d'activités humaines et de changements environnementaux s'étalant sur au moins 100 000 ans. Les collines de Tsodilo abritent plus de 4 500 peintures rupestres et représentent la plus forte concentration d'art rupestre au monde. Les communautés locales Hambukushu et San vénèrent Tsodilo comme un lieu de culte et un foyer pour les esprits ancestraux. Le site est devenu un monument national au Botswana et une importante destination touristique du patrimoine culturel.
La communauté Tsodilo comprend 200 personnes, qui vivent autour des collines. Ces personnes tirent des revenus de diverses petites entreprises liées à l'écotourisme et de la vente de produits artisanaux fabriqués localement. L'écotourisme sur les collines de Tsodilo commence également à produire des avantages socio-économiques pour les communautés locales. Environ 15 000 touristes locaux, régionaux et internationaux visitent le site chaque année. Les collines de Tsodilo se sont développées en tant que destination touristique en deux phases; et les partenariats ont été au cœur de chaque phase.La première phase de l'initiative a commencé avec l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO des collines de Tsodilo en 2001, ce qui assure le développement responsable de cette précieuse ressource culturelle et patrimoniale. Le Département des musées et monuments nationaux a travaillé avec un groupe consultatif indépendant, l'Autorité de gestion de Tsodilo (TMA), composé de représentants d'organisations communautaires locales, d'organisations gouvernementales et non gouvernementales, pour parvenir à cet inscription, aboutissement important.
Ce partenariat a donc fourni un mécanisme, pour les diverses parties à travailler ensemble et un moyen pour les organismes externes de diriger le financement et les ressources de manière efficace. Essentiellement, le partenariat a permis à démontré une organisation cohésive et responsable qui réuni toutes les parties concernées, ce qui a rendu possible une planification et une innovation efficaces car, les différents partenaires apportent chacun des ressources particulières; par exemple, l'une des ONG impliquées, le Letloa Trust, fournit un soutien technique, institutionnel, financier et de collecte de fonds, tandis que le Tsodilo Community Trust assume un role très important qui est celui de représenter les points de vue de la population locale. L'inscription des collines de Tsodilo en tant que site du patrimoine mondial l'a placé sur une scène mondiale et a accru son attrait pour les touristes. De plus, cette nouvelle notoriété lui a permis d'attirer des financements d'organisations philanthropiques. La combinaison d'un partenariat efficace pour la gestion du site et de son profil mondial a permis au Tsodilo Community Trust en 2009 de recevoir 1,25 million de dollars de financement des donateurs du Debswana et De Beers Diamond Trust. Ce Trust, en retour, bénéficie de son association avec une attraction touristique au succès mondial.
Nb: le mot "Trust" ici sous entend une concentration financière réunissant plusieurs entreprises sous une direction unique.
En conclusion, la mise en place d'un partenariat public-privé pour les collines de Tsodilo a été essentiel dans un premier temps pour le classement et la protection d'une richesse culturelle et patrimoniale inestimable, et pour attirer des fonds pour assurer leur développement responsable. En travaillant en partenariat, la communauté a pu démontrer sa capacité à planifier et à gérer un projet complexe et son adéquation comme cible pour un financement supplémentaire. Cela a permis à la communauté de créer des moyens de subsistance durables, inclusifs et de protéger son histoire en même temps. La clé de ces réalisations a été un PPP global et stable.
Joseph E. Mbaiwa, Université du Botswana pour le 11e rapport de l'UNWTO
Croissance économique du tourisme en Afrique: focus sur le tourisme domestique
Le tourisme est un phénomène social, culturel et économique qui suppose des mouvements de personnes vers des pays ou des lieux situés en dehors de leur environnement habituel et de résidence pour divers motifs tels que personnels, de loisirs, ou professionnels.
Bien que généralement les annonces touristiques en Afrique ciblent plus souvent les étrangers, selon Fridah Mlemwa pour le média Africa news, plusieurs pays africains connaissent une forte augmentation du tourisme domestique, notamment le Rwanda, le Kenya, le Mozambique, la Tanzanie, la Côte d'Ivoire et le Rwanda.
Cependant, un tourisme durable doit maintenir un haut niveau de satisfaction des touristes et leur permettre de vivre des expériences intéressantes, en les sensibilisant aux problématiques de la durabilité et en leur faisant mieux connaître les pratiques de tourisme durable.
La société de E-commerce Jumia a publié un rapport en 2019 sur l'hospitalité en Afrique avec des recherches menées dans 40 pays africains:
‘‘Le tourisme domestique est dors et déjà une réalité en Afrique. Les gens voyagent de plus en plus à travers leur pays et sur le continent également. Par exemple, au Kenya, où je vis, le tourisme domestique a été un moteur de croissance clé dans l'industrie ces dernières années. Je pense que l'année dernière, le tourisme intérieur a augmenté de 30 à 40 pour cent. C'est très intéressant à savoir. Toute l'économie autour du tourisme et des voyages représente aujourd'hui 8,1% du PIB africain ce qui est formidable!", a déclaré Abdesslam Benzitouni, responsable de la communication et des relations publiques, Jumia.
Il est intéressant de noter que malgré le manque d'initiatives pour stimuler le tourisme local, à quelques exceptions près telles que le site de voyage camerounais "Visiter le Cameroun avec moi" dont le travail est plus que remarquable! Les locaux essaient tant bien que mal de contribuer davantage. Alors, plus loin à la question : comment les gouvernements et organisations africains peuvent-ils promouvoir le tourisme domestique? Mr Abdesslam Benzitouni a déclaré: "En Afrique de l'ouest principalement, comme en Côte d'Ivoire, vous avez air Côte d'Ivoire mais les prix sont très très cher et la taxe d'aéroport est très très élevée. De plus, les infrastructures sont parfois très mauvaises. Alors comment améliorer le tourisme domestique et inciter la population local à voyager et à dépenser à l'intérieur du pays si les infrastructures ne sont pas là, et si la taxe d'aéroport est élevée? Parce que si vous voulez attirer plus de touristes internationaux, vous devriez être capable de faire voyager les résidents nationaux à l'intérieur du territoire.''
Avec plus de 1,1 milliard d'Africains qui devraient appartenir à la classe moyenne d'ici 2050. Les gouvernements africains doivent entre autres investir dans les infrastructures, mettre en place des PPP, réduire la taxe sur les vols locaux, créer des initiatives, et promouvoir des emplacements durables pour favoriser le développement du tourisme local en Afrique.
Le développement d’un tourisme durable et pour un développement inclusif exige la participation éclairée de toutes les parties prenantes concernées. Et particulièrement en Afrique, il exige une volonté et un engament politique fort pour garantir une large participation et un large consensus (cliques ici pour un approfondissement avec un cas d'étude sur l'engagement des parties prenantes au Cameroun en comparaison avec les indicateurs de l'OECD. en Anglais uniquement).
Affectueusement, Knaejeve 💕







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